samedi 14 avril 2012

Sur une montagne haut perchée ...

Naissance d'une yourte, articles précédents :
De l'idée à la réalisation
Naissance d'une yourte - 1ère partie Catalogne 
Hibernation forcée
Hibernation forcée - suite et fin
Naissance d'une yourte - 2ème partie Massat 
Naissance d'une yourte - 3ème partie Massat   
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En attendant la deuxième partie du récit de la fabrication de ma yourte, voici un aperçu en images de mes 2 derniers mois, passés dans un petit hameau, perché à flanc de montagne près de Massat, dans les Pyrénées.

La famille qui m'accueille a une petite entreprise de fabrication de yourtes et tipis et bien sûr ils vivent eux aussi en yourtes, sur un terrain très incliné, aménagé en terrasses étroites. La circulation n'est pas facile, surtout quand il y a de la neige ! A chaque étage, une grange, cabane, ou yourte, qui correspondent à des pièces différentes, atelier, toilettes sèches, chambre... Pour passer de l'une à l'autre, on est au grand air, et parfois aussi, sous la pluie !



Petit plan des lieux.

La yourte à 2 étages.

Après avoir passé une nuit dans cette yourte, je me réveille mercredi 11 avril pour découvrir de la neige sur les sommets alentours, c'est magnifique !


Un pêle-mêle de photos du chien mi-lévrier qui m'accompagne ces derniers jours, pendant que la famille est partie en vacances. Il passe la plupart de son temps allongé, mais trouve quand même le moyen de me faire de belles chorégraphies ! Sur les deux dernières il a l'air méchant mais en fait il est adorable, et s'il fait cette tête c'est juste parce qu'il est à l'envers et que ça lui déforme le visage !



 

 Et ma yourte ? Ca avance...

 Découpe de l''étoile du toit. J'ai choisi une étoile verte à 5 branches en clin d'oeil au Maroc !

Couture de la toie intérieure en coton.

Couture à la main de la laine pour l'isolation.

Rouleau de laine.



Pré-montage de la yourte.


Essai de la toile intérieure. 



La fenêtre du toit, appelée "toono"

Ce matin j'ai profité d'un rayon de soleil pour aller me balader au dessus d'Eychenne, j'ai croisé un vrai berger avec son béret, ses chiens et ses moutons, traversé des petits hameaux de maisons de pierre, des prairies, vu des chevaux et les sommets enneigés...


Ces photos ont été plus retouchées que d'habitude, parce que j'ai trouvé un petit logiciel très amusant : Pixlr-o-matic. Je ne peux plus m'empêcher de jouer avec !
Le problème c'est que la version téléchargeable du logiciel, pour l'utiliser hors connexion, ne marche pas avec mon ordinateur, la fenêtre dépasse la résolution de mon écran (1024x600), et je ne peux pas accéder aux commandes ! Dommage parce que je n'ai pas souvent accès à internet, alors s'il faut que je m'achète un nouvel écran... Si quelqu'un a une solution, je prends !

 

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Naissance d'une yourte, articles suivants :
Montage de la yourte & installation 
La yourte, 2ème montage

vendredi 13 avril 2012

Hibernation forcée (suite et fin)

Naissance d'une yourte, articles précédents :
De l'idée à la réalisation
 Naissance d'une yourte - 1ère partie Catalogne 
Hibernation forcée
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Lundi 13 février dans l'après-midi,  j'apprends que la neige va revenir, alors j'appelle Dadu pour qu'il vienne avec la remorque, et ça tombe bien, il était sur le chemin. Il débarque vers 18h, avec une remorque énorme après plusieurs heures de route avec un vent de face, à 80km/h sur l'autoroute.



Chateau cathare et tempête de neige près de St Paul de Fenouiller

La route entre le village et notre hameau étant encore bien enneigée on prend notre élan pour la montée, et c'est limite, mais on arrive en haut sans trop patiner, sauf qu'à ce moment là une voiture arrive en face au pire moment ! On lui fait signe de se pousser en urgence et finalement on passe.

Arrivés au hameau, c'est Jérémy qui prend le relai avec sa camionnette et ses chaînes pour tirer la remorque. Avec Manuela on dégage un peu la glace qui s'est installée sur le chemin d'accès, quand Malati arrive aussi, pelle à la main, pour nous aider. C'est la première fois que tous les habitants du terrain sont réunis, et ce petit coup de main spontané fait bien plaisir ! Il en dit long sur l'esprit des gens de ce lieu et la dynamique qui va s'installer.




































Jérémy s'élance avec la remorque, ça patine bien et ça fait même des étincelles sur les graviers, mais il arrive de justesse à grimper la côte !
On se met tous à décharger les morceaux de plancher et les installer sur le terrain, et on est pas trop de 5 pour porter tout ça ! On termine tout juste aux dernières lueurs du jour, et bien que c'était improvisé au dernier moment le timing était parfait !

J'invite alors tout le monde pour une tisane à la cabane, à la lumière des bougies et on prend enfin le temps de se poser un peu pour discuter. Une bonne chose de faite !





















Le lendemain, il neige effectivement toute la journée, et je passe donner un coup de main à Malati dont les enfants sont partis chez des amis et qui en profite pour finir d'aménager la maison. On monte quelques meubles à l'étage et on en profite pour faire connaissance. Quelques heures plus tard c'est elle qui vient me rendre visite à la cabane pour un petit goûter.





Mercredi, la neige commence à fondre, les températures remontent dans le positif. Je peux faire une sortie à Mirepoix avec Malati.

Et vendredi 17 février, la neige a complètement fondu et je suis enfin capable de sortir Eliott de là !




Eglise de Limbrassac

Samedi, journée très ensoleillée, les températures sont printanières, quel contraste après les semaines qu'on vient de passer ! C'est un peu comme si on avait eu un hiver concentré en 2 semaines et du coup beaucoup plus violent.

 D'ici quelques jours je devrais pouvoir aller à Massat pour continuer la yourte...




Brumes matinales près de Lavelanet

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Naissance d'une yourte, articles suivants :
Naissance d'une yourte - 2ème partie Massat
Naissance d'une yourte - 3ème partie Massat 
Sur une montagne haut perchée... 
Montage de la yourte installation 
La yourte, 2ème montage


lundi 20 février 2012

Naissance d'une yourte - 1ère partie - Catalogne

Naissance d'une yourte, article précédent :
De l'idée à la réalisation
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Mardi 17 janvier, j'arrive à Arbucies en Catalogne, et entreprends de grimper les quelques kilomètres de piste à travers la forêt pour arriver chez Dadu.



















La maison est dans une clairière perdue dans la montagne, et c'est là qu'on va fabriquer les premiers éléments de la yourte : plancher, cadres de porte, perches et poteaux.




















  






Rafa, le coloc de Dadu, qui nous prépare de bons petits plats espagnols



Découpe des chevrons du plancher

Après une première journée du côté de Barcelone pour acheter les matériaux nécessaires, on commence par construire la structure du plancher. Comme je veux pouvoir le déplacer, j'ai choisi de faire un plancher circulaire divisé en 12 "parts de camembert"
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Les 12 structures assemblées



Montage des lattes du plancher



Découpe du plancher en ligne droite les doigts dans le nez !

Les 12 structures avec leur plancher

Tracé du cercle du centre

Pour le centre du plancher, on imagine 2 trappes, qui donneront accès à des rangements.



Découpe à la scie sauteuse du cercle extérieur





























Et voilà le plancher une fois terminé, rayonnant tel le soleil qui nous accompagné sans faille pendant ces 10 premiers jours ! A tel point qu'il faisait limite trop chaud pour travailler en pleine journée, et qu'il fallait sortir chapeaux et lunettes de soleil. On se disait que c'était pas normal, cet hiver qui n'arrivait pas, et puis... le dernier weekend de janvier, alors que le plancher était resté monté dehors, la pluie et le froid sont arrivés. On l'avait bâché, mais le lundi on a vu que le bois avait énormément travaillé avec l'humidité, et les espaces entre les parts s'étaient agrandis. J'espère que ça ne restera pas comme ça...


Yourte
Eliott, qui nous file un coup de main pour démarrer le générateur

Pour fêter la fin de notre plancher camembert, je prépare une tartiflette au camembert (on fait avec ce qu'on trouve, déjà y'a du fromage français, je suis contente !). Le camembert ne coule pas autant que le reblochon et n'a pas vraiment de goût, mais ça reste toujours de la patate, du cochon, de la crème et du fromage, et ça plaît beaucoup à Rafa qui en mange pour la première fois : Malgré les grosses quantités, on arrive à tout finir, avec un petit vin espagnol pour faire couler !


 



























Le château qu'on pouvait apercevoir au loin

Ce dernier weekend de janvier, on s'est octroyés une pause au restaurant de Can Puig situé à quelques kilomètres, perdu lui aussi dans la montagne. Le dimanche, les barcelonais viennent s'y promener et la salle est bondée.

























J'ai testé la spécialité du coin, les calçots, tout petits poireaux grillés que l'on mange avec les doigts accompagnés d'une sauce. J'ai bien sûr goûté aussi aux typiques tartines grillées frottées à l'ail et la tomate et agrémentées d'un filet d'huile d'olive. Avec une bonne assiette de canard rôti et quelques verres de vin, un bon repas !






Montagnes, oliviers et mimosa



Olivier et chapelle



























Le Mont Seny, qu'on pouvait voir de la maison, déjà un peu enneigé au sommet

Je vous ai dit précedemment que j'avais pris des bains assez spéciaux en Espagne. Il faut savoir que la maison n'est pas reliée à l'eau ni l'électricité. Il y a donc des panneaux solaires pour alimenter quelques ampoules, de quoi brancher ordinateurs et téléphones, et même une télé et son lecteur dvd, ce qui nous permettait, les soirs de journées suffisamment ensoleillées de regarder les dvd de Stargate de Rafa. Je n'avais jamais vu cette série et ça a un peu vieilli, mais ça nous amusait bien quand même. Pour en revenir à l'eau, elle est pompée une fois par semaine dans un puits qui alimente une grande cuve. On a donc de l'eau aux robinets, mais pas d'eau chaude. Du coup, il n'y a pas de salle de bains avec douche dans la maison, mais Dadu et Rafa ont installé dehors une baignoire, sous laquelle ils font un feu, pour faire chauffer l'eau.

























J'ai testé ces bains à la nuit tombée, sous les étoiles, c'est magique ! Bien que la température extérieure soit proche de 0°, l'eau du bain est à pratiquement 40° et surtout elle ne refroidit pas ! On est même obligés de la vider un peu de temps en temps pour rajouter de l'eau froide, si on ne veut pas finir comme un ragoût dans une marmite !

























Le coin salle de bains derrière la maison

J'ai aussi eu l'occasion de tester la douche froide quelques matins, quand les bains étaient trop espacés à mon goût. Beaucoup moins agréable, mais enfin il y avait toujours un rayon de soleil.


La semaine suivante, Dadu s'est occupé des cadres de portes.



Collage des montants






Cadre collé et vissé



































 

Découpes arrondies au dessus des portes pour accueillir les perches



Encoches sur toute la hauteur des cadres dans lesquelles les murs viendront s'encastrer

























Les 2 cadres finis

Pendant ce temps, avec Rafa, on s'occupe des perches de chataîgnier. Il les passe au rabot et je finis d'écorcer au couteau. Il y a 60 perches à faire, et ça nous prend un temps fou !








































Au final j'ai dû écorcer des perches pratiquement tous les jours pendant les 17 jours que j'étais là, en variant avec d'autres activités pour ne pas devenir folle.




Ensuite il faut encore les poncer et les passer à l'insecticide. Puis les huiler, mais je ne ferai ça que de retour en France.

Vous avez dû remarquer l'apparition des bonnets sur les photos, l'hiver ayant pointé son nez. On en a profité pour prendre une petite photo de groupe devant l'atelier, en tenue de travail.
























Le matin du 1er février, Rafa nous dit que c'est le printemps qui arrive. Finalement, en fin de journée c'est la neige qui s'annonce ! Comme on risque d'être bloqués chez nous quelques jours, Rafa descend en ville chercher quelques rations de survie. On se retrouve donc avec des bougies , des paquets de levure pour faire le pain. 3 boites de lait, autant de bouteilles de vin, 2 pizzas, 2 paquets de café. On a peut-être des priorités un peu bizarres !

























Le lendemain matin, tout est blanc !




































La salle de bains et sa baignoire transformée en patinoire pour rouge-gorges !
































Les fleurs qui avaient osé sortir par ce beau temps de janvier se retrouvent gelées en février


Notre minette à bandeau de pirate, pleine de neige


L'autre minette froussarde, qui se cache

Les derniers jours, malgré la neige, on continue le travail. Il s'agit de tout passer à l'insecticide et à l'huile.

























La couronne, prête à huiler



Passage d'une couche d'huile dure

Je m'occupe aussi de passer les 2 couches d'huile dure sur les planchers. Comme il fait froid et humide je fais ça dans une pièce proche de l'atelier, à la lumière des hallogènes, et au bruit du générateur qui alimente les outils. Heureusement j'ai mes podcasts à écouter pour m'occuper un peu pendant ces longues heures, et en plus l'huile dure écologique que j'ai achetée est faite à base d'agrumes et ça sent super bon, c'est agréable !



Vissage des poteaux de soutien de la couronne

Avec les poteaux s'achève cette première partie en Espagne.

























Le dernier jour, le soleil est revenu et nous permet d'admirer la montagne en face, toute enneigée et bien éclairée au lever du soleil.





























Et au coucher du soleil, avec des nuages de neige qui se détachent de la montagne.
























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La yourte, 2ème montage